Terra Botanica Ferme de Sainte Marthe

Premier petit tour à Terra Botanica & culture sur buttes

À Angers, le parc végétal Terra Botanica vous révèle les secrets de six siècles d’histoire, inaugurés avec le Roi René et ses célèbres jardins fleuris…

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En partenariat avec la Ferme de Sainte Marthe, le potager vient tout juste d’être semé (choux, betteraves notamment), il faudra donc attendre encore un peu pour observer une partie de la diversité de notre catalogue.

Ferme de Sainte Marthe #grainesEn attendant le printemps est bien arrivé et le parc est de plus en plus mature, pédagogique mais aussi ludique. Bravo à toutes les équipes et bon courage pour la saison.

Plus d’infos sur ce parc végétal haut en couleurs ici : www.terrabotanica.fr

Profitons aussi de cette balade d’Arnaud pour nous intéresser à la culture sur buttes puisque que nous avons quelques exemples en photos :

Ferme de Sainte Marthe Terra Botanica#fermedesaintemarthe #terrabotanica

La culture sur buttes

Du bon sens…
Il y a quelques dizaines d’années, avant l’arrivée des premiers engins agricoles animés par un moteur à explosion, le travail du sol était uniquement réalisé par traction animale et force humaine. Jusque dans les années 1950, même dans des sols aussi profonds et meubles que ceux de la Beauce, labourer se faisait en général en trois fois.
En considérant que même avec une charrue en bon état et un attelage bien soigné, il est impossible de travailler à plus de 20cm de profondeur, on comprend aisément qu’il était finalement plus simple de « remonter », même une faible quantité de terre, pour regagner de l’épaisseur de sol dans les nombreuses régions où les sols sont peu profonds ou trop argileux, donc très lourds à travailler.

Une technique très ancienne !
Cette technique ne date pas d’hier. Des archéologues australiens ont même découvert en Papouasie-Nouvelle-Guinée des traces de cultures sur buttes remontant à 7000 ans !
De même, dans la majorité des pays africains où sont cultivés des tubercules comme l’igname ou la patate douce, on monte depuis des générations des buttes à la houe ou à la daba (outil traditionnel du paysan sahélien; proche de la houe) pour faciliter la culture.
Des vestiges de milliers de buttes cultivées par les agriculteurs précolombiens ont également été repérés dans les savanes littorales de Guyane : ils datent d’entre 650 et le XVè siècle. Bref, pour ceux qui en douteraient encore, la culture sur buttes n’est pas l’invetion récente de quelque agronome écolo-farfelu, mais bien la survivance d’anciennes méthodes agraires.

Les nombreux avantages de la culture sur buttes
Les avantages de la culture sur buttes sont relativement identiques à ceux procurés par l’édification de potagers en carrés. Atout supplémentaire, qu’il s’agisse de buttes pérennes ou provisoires, leur réalisation demande moins de matériaux extérieurs, pas plus que d’éventuels talents en menuiserie, tressage ou maçonnerie.
Les buttes permettent :
d’accélérer le réchauffement du sol : les rayons du soleil viennent taper en oblique sur toute la surface aérienne. Le gain de chaleur n’est pas négligeable : on l’estime à 2 à 4° C;
de favoriser le drainage : l’eau pénètre et, surtout, s’évacue mieux ;
de limiter les pertes en eau : pour les jardiniers qui ont des terres très sableuses et qui ont du mal à maintenir un sol suffisamment frais en été, des buttes annuelles accéléreraient les pertes en eau, mais des buttes pérennes, montées en accumulant des couches de matière organique au fort pouvoir absorbant, comme le compost, permettent au contraire de les limiter ;
de faciliter le développement racinaire : quels que soient la méthode et le type de buttes retenus; le sol devient plus meuble et moins sensible au tassement ;
de diminuer les besoins de puissance mécanique ou manuelle : d’un point de vue mécanique, il faut refaçonner tous les ans les buttes saisonnières. Cela nécessite beaucoup moins de puissance pour relever le sol que descendre et labourer ou décomptacter en profondeur. Il en va de même manuellement. Dans une terre régulièrement travaillée et relativement meuble, il est finalement moins pénible de rehausser le sol que de le travailler en profondeur.

De manière plus flagrante encore, l’arrachage des légumes-racines, sans devenir un jeu d’enfants, s’en trouve largement facilité;
d’éviter l’inversion des couches : même si de plus en plus de jardiniers ont abandonné le travail du sol en profondeur avec retournement et risque d’inversion des couches, la question ne se pose même pas avec cette technique : l’ordre des couches est respecté ;
de créer des passe-pieds naturels : petit avantage concrêt supplémentaire, une butte est visuellement clairement identifiée comme un espace cultivé sur lequel on ne doit pas poser les pieds !
de faire un faux semis : propre aux buttes annuelles, le simple fait de travailler le sol avant de semer ou planter crée un boulversement de la surface et permet de faire un faux semis bien appréciable ;
de cultiver toute l’année : ressuyant rapidement, les buttes pérennes avec leurs allées stabilisées ou semées permettent d’y travailler même après de fortes pluies.

Quelques inconvénients à la culture sur butte
apporter : même si on privilégiera toujours les matériaux disponibles chez soi, la constitution de buttes pérennes requiert malgré tout d’amener de grosses quantités de matière qu’il est rare d’avoir à disposition dans son jardin ;
bien arroser : le contrôle de l’irrigation n’est pas forcément facile, particulièrement après le printemps. Le risque de laisser sécher le coeur de la butte et d’avoir par la suite du mal à le réhumidifier est grand ;
surveiller : attention ça pousse !
Incontestablement, ces petits édifices sont très « poussants ». Si vos légumes vont pouvoir s’y épanouir, les adventices ne manqueront pas de faire de même. Plus encore que la culture en planches, la culture sur buttes demande un suivi très régulier au début pour donner ensuite toute sa mesure ;
travailler dans la durée : les buttes étant forcément de dimensiosn un peu restreintes et en permanence cultivées, il faudra être particulièrement attentit à bien les « alimenter » au fil du temps – en compost et emendements bien sûr, mais aussi en paillage, BRF, etc.
noter : un espace aussi délimité demande de la rigueur dans les rotations. Notez bien l’emplacement de vos cultures d’une année sur l’autre.

Retrouvez toutes les techniques de cultures sur buttes dans notre article :  
Les techniques de culture sur buttes  

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