Le lombricompostage

Le lombricompostage, aussi appelé « vermicompostage », connaît un vif succès auprès des particuliers depuis quelques années. Ce système ingénieux permet de produire du lombricompost, une matière organique cousine du compost classique, ainsi que du thé de lombricompost, un liquide concentré à diluer.

Cette méthode 100% écologique et naturelle est d’une facilité incroyable. Enfin, c’est ce que la plupart des articles sur le sujet promettent. Pour nous faire notre propre opinion, nous avons tenté l’expérience à la Ferme de Sainte Marthe.

Fabriquer son lombricomposteur : même pas peur !

Pour faire quelques économies par rapport à un lombricomposteur issu du commerce, nous nous sommes retroussés les manches et avons décidé de nous lancer dans le fait-maison. De nombreux plans et vidéos expliquent comment s’y prendre sur internet.

La taille du lombricomposteur dépend de votre production de déchets et de l’espace dont vous disposez. Notre lombricomposteur expérimental a été prévu pour une personne dans un appartement. Car oui, le lombricomposteur est idéal en appartement : aucune odeur et une petite production de compost suffisante pour les jardinières sur le balcon.

Le principe de base est d’avoir une structure opaque (les vers n’aiment pas la lumière) avec des plateaux interchangeables et un bac de récupération du thé de lombricompost. Les plateaux interchangeables seront percés de trous pour que ce liquide puisse s’évacuer vers le bas de la structure et que les vers puissent migrer à l’étage supérieur quand un plateau est plein.

Nous avons utilisé des bacs de rangement empilables avec un couvercle sur le dessus. L’opération complète a pris environ 20 minutes et a coûté une trentaine d’euros pour une structure avec deux plateaux et un bac de récupération.

Installer les vers dans le lombricomposteur

Deux solutions pour se procurer des lombrics adaptés au lombricompostage : l’achat auprès de professionnels ou le don de particulier. C’est vers cette seconde solution que nous nous sommes tournés. Grâce au site plus2vers, nous avons trouvé en quelques clics un généreux donateur à 5 kilomètres de nos locaux !

Nous voilà avec un saladier de lombricompost grouillant de vers (miam !). Leur petit nid est prêt à leur arrivée. D’abord, quelques feuilles de papier journal ont été déposées au fond du plateau le plus bas (celui au-dessus du bac de récupération), ainsi que quelques poignées de matières carbonées en petits morceaux, humidifiées puis essorées: carton ondulé, boîtes d’œufs ou encore rouleaux de papier toilette coupés en paillettes de quelques millimètres. Ensuite, les vers sont déposés sur cette “litière”.

Au bout d’une grosse semaine, nous commençons à placer un peu de nourriture pour les vers, en augmentant au fur et à mesure la quantité et la fréquence de nourrissage.

Nourrir les vers : vidons nos poubelles !

La règle de base à respecter est de toujours donner des petits morceaux aux vers, pour faciliter leur consommation. Par ailleurs, pensez aussi à équilibrer les apports en matières organiques (les déchets de cuisine) et en matières carbonées. Nous faisons du 50/50 : à chaque portion de déchets de cuisine donnée, la même quantité de matières carbonées est ajoutée.

On s’habitue très vite à gérer différemment les déchets pour le lombricomposteur. Il suffit de prévoir une boîte hermétique de récupération des épluchures et autres déchets de cuisine pour pouvoir rassembler suffisamment de matière avant de la transvaser dans le lombricomposteur.

Une belle récolte au potager, dont tous les déchets seront valorisés dans le lombricomposteur.

Ce que les vers peuvent manger :

Fruits et légumes, marc de café, sachets de thé, coquilles d’œufs broyées, fleurs et feuilles mortes de plantes d’intérieur, journaux, cheveux, mouchoirs en papier…

Ce que l’on ne met pas dans le lombricomposteur :

Les plats cuisinés, les agrumes, les oignons, la viande, le poisson, la pomme de terre, les coquilles de fruits secs, les laitages. Et tout ce qui n’est pas biodégradable ou a été souillé, comme la litière du chat ou les prétendument sacs « biodégradables » des grandes surfaces (qui ne le sont pas en réalité).

Bilan de l’expérience après quelques mois

Voilà près de cinq mois que le lombricomposteur est en phase de test. Les vers se portent bien et se reproduisent a priori correctement. Et toujours aucune odeur suspecte détectée dans la cuisine ! En résumé : c’est bilan très positif.

Les courges sont de grandes consommatrices de compost, comme ce beau pied de courgettes jaunes.

Les avantages :

Les déchets de cuisine ont été réduits presque de moitié. A l’année, cela représentera plusieurs kilos qui ne se retrouveront pas dans la poubelle. Et cela fait encore plus prendre conscience du grand gâchis que nous faisons au quotidien avec les emballages et autres déchets non biodégradables. C’est donc une bonne étape vers le « presque zéro déchet ».

Le bac prend peu de place et est caché dans un coin de cuisine, derrière une porte. Nous avons choisi de la garder en intérieur en permanence. C’est à la fois plus proche de la source de déchets et pratique pour éviter les fluctuations de températures qui pourraient être fatales pour les vers.

Les inconvénients :

Quasiment aucun. En fait, si on est bien organisé le lombricompostage est vraiment facile. Néanmoins, il faut s’armer de patience. Aujourd’hui le lombricomposteur ne permet pas encore de gérer tous les déchets de cuisine car la colonie de vers est encore trop modeste.

Envie de tenter l’expérience chez vous ? Retrouvez toutes les informations pour bien commencer votre lombricomposteur dans notre rayon librairie.

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