Je prépare mon potager – Partie 1 : connaître la nature de son sol

Plus qu’une tendance, faire son potager chez soi est presque devenu une évidence dès lors que l’on possède un peu de surface dans son jardin. La mise en place et l’entretien d’un potager demandent du temps, mais ces “travaux” au jardin sont quasiment toujours des moments de détente, pour décompresser ou même se recentrer.

Le potager se met en place ou se réinvente chaque année, dès le mois de janvier : exposition, forme, taille, espèces à implanter, environnement… Le potager est un jeu de construction, à faire évoluer au gré des saisons et des besoins.

Avant de débuter ses semis

Commençons par quelques points importants pour bien penser son potager : comment travailler sa terre, quel substrat, quelles graines implanter, où, comment, et quand les semer… à noter que les réponses à ces questions sont très variables selon la région et le climat. Cependant, une ligne conductrice de base peut être dégagée.

Connaître la nature de son sol

Préparer ses semis pour l’année à venir doit se faire en connaissance du type de sol du terrain, déterminant pour adapter ses pratiques culturales, son outillage, ses amendements (apports), et surtout ses cultures par rapport à la terre, et non l’inverse.

On distingue 3 textures, de la plus grossière à la plus fine : sableuse, limoneuse, et argileuse.

Il n’est pas nécessaire d’avoir des connaissances poussées en agronomie pour avoir un aperçu rapide mais fiable de son sol :

un sol argileux

Un sol argileux a tendance à se rétracter et à laisser apparaître des fentes sur une surface très dure par temps chaud et sec. De même il va se compacter, être lourd, collant et facilement être engorgé d’eau après un épisode pluvieux (ce qui risque d’asphyxier les racines et de rendre difficile le passage d’outils).

Cette terre a besoin d’amendement pour favoriser la vie du sol. Elle nécessite d’être aérée, idéalement par l’implantation d’engrais verts avec racines structurantes (moutarde, seigle, phacélie…).

C’est un substrat idéal pour la croissance des choux fleurs, choux de Bruxelles, brocolis, oseille, rhubarbe, artichauts, qui ont besoin d’un ancrage fort.

Il est possible aussi malgré tout d’y implanter : laitues, chicorées, poirées, poireaux, haricots, pois, épinards, menthe, tomates, aubergines, poivrons et autres cultures possédant des racines superficielles ou peu profondes. 

Il faut attendre que la terre se réchauffe suffisamment avant les semis ou les plantations. De plus, la culture sur buttes est un moyen pour limiter un engorgement de manière localisé, en créant des sillons surélevés de 20 à 30 cm par rapport au niveau du terrain. On peut implanter deux rangs sur chaque butte larges d’environ 50 cm, garantissant ainsi aux plantes de garder des racines saines.

un sol sableux

À l’opposé du précédent, ce type de sol est très léger et possède une forte capacité de drainage. Cette terre retient difficilement l’eau et les nutriments, et elle s’assèche rapidement. Il est nécessaire de l’enrichir en compost pour assurer une croissance sans carences.

Ce type de sol est tout à fait indiqué pour les légumes-racines, comme les carottes, navets, betteraves, céleris-raves, salsifis, ou encore radis, mais également pour les pommes de terre, ail, échalote, fenouil, crosnes, mâches, asperges, haricots, pois, tomates….

une terre limoneuse

se situe entre ces deux extrêmes, et est généralement bien équilibrée au niveau de la texture, bien que chaque terroir possède sa typicité. Idéalement, un test de pH, facilement réalisable à l’aide d’un kit, permet de compléter l’analyse du sol, en renseignant sur l’acidité du substrat.

Echelle de PH

Un substrat trop acide, à l’image des tourbières, présente une faible activité des micro-organismes du sol. Ce sol est noir, car très riche en matière organique, qui ne se décompose pas ou peu et ne se dégrade pas en nutriments assimilables pour les plantes. Un amendement calcaire est nécessaire pour relancer la vie dans ce type de sol.

En revanche, une terre trop basique, visible à son aspect un peu blanc, crayeux, n’est pas plus propice à la micro-faune, et des apports de matière organique et l’implantation d’engrais vert sont recommandés.

Le principal – et le plus simple –  reste d’adapter ses cultures à son terrain.

Idéalement compris entre 6,5 et 7,5, le pH du sol n’est pas pour autant frein à toutes cultures s’il est légèrement plus élevé ou plus bas.

Ainsi, une terre un peu acide conviendra parfaitement aux courges, courgettes, cornichons, melons, aubergines, poivrons ou piments, tandis qu’un substrat légèrement calcaire peut accueillir ail, carotte, betterave, radis, panais, haricot, pois, lentille, fève, voire même tomate, laitue, et topinambour.

Un substrat adapté aux semis

Pour assurer la germination des semis, une attention spéciale est à porter au substrat. Ce dernier doit avoir une bonne rétention de l’eau, pour favoriser la levée de dormance de la graine et garantir une croissance facile et rapide…tout en étant suffisamment drainant pour ne pas entraîner l’apparition de champignons ou bactéries, de pourrissement ou créer une asphyxie de la graine ou des racines.

Il est aussi primordial d’avoir un substrat léger et aéré. Cela va permettre au germe de se frayer un chemin à la surface. Quant à la présence de nutriments dans le substrat, elle va stimuler la croissance et aider la jeune plante dans son développement. Le terreau pour semis répond à ces exigences, et ce d’autant plus qu’il est stérilisé afin de limiter tout risque de présence de bactéries ou de champignons pouvant nuire aux germes ou aux plantules.

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On peut aussi créer soi-même un terreau adapté pour le semis.

Un mélange de 40% de terre de jardin, 40% de compost d’écorces, de fibres de bois, ou de déchets verts mûrs, et 20% de sable, permet d’approcher les conditions citées précédemment. Si trop grossier, il suffit de tamiser ce mélange. Les proportions de chaque élément sont à adapter selon le type de sol du jardin.

Dans la seconde partie de cet article, nous parlerons de l’exposition du terrain et des différents types de semis.

Sources : Xavier Mathias (Les Cahiers du Potager Bio), GNIS, Le Monde, Jade Boudéhent

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